{
 "url": "https://11d.im/write.apreslanu.it/tk/1703258100/",
 "published": "Tue Oct 15 2024 23:13:07 GMT+0200 (Central European Summer Time)",
 "updated": "Tue Oct 15 2024 23:13:07 GMT+0200 (Central European Summer Time)",
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 "content": "<section>\n<p>Substack est une plateforme mettant en relation des auteurs et des publics. L'int\u00e9r\u00eat du site est la mise \u00e0 disposition d'un paywall, c.-\u00e0-d. la gestion d'un acc\u00e8s \u00e0 des contenus conditionn\u00e9s par un abonnement mensuel ou annuel. Substack prenant une commission sur chacun des abonnements. C'est un site relativement m\u00e9connu en France, hormis quelques niches adjacentes \u00e0 la culture am\u00e9ricaine o\u00f9 Substack est un peu plus populaire dues \u00e0 la pr\u00e9sence importante de la <a href=\"https://write.apreslanu.it/tk/tu-preferes-la-peste-accelerationniste-ou-le-cholera-longtermiste\">culture californienne</a> parmi les \u00e9lites. Depuis quelques jours, le site se retrouve tr\u00e8s justement critiqu\u00e9 pour son soutien \u00e0 des auteurs d'extr\u00eame droite et pour certains ouvertement et litt\u00e9ralement nazis.</p>\n<!--more-->\n<p><a href=\"https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2023/11/substack-extremism-nazi-white-supremacy-newsletters/676156/\">https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2023/11/substack-extremism-nazi-white-supremacy-newsletters/676156/</a></p>\n<p>Quelques semaines auparavant, un article de The Atlantic revenait sur la pr\u00e9sence de nazis sur la plateforme Substack. La d\u00e9fense des fondateurs de l'entreprise repose sur une vision n\u00e9o-lib\u00e9rale de la libert\u00e9 d'expression. Un laissez-faire maximaliste o\u00f9 tout se vaut et le march\u00e9 des id\u00e9es fera le tri. On est en 2023 et ce n'est pas plus une proph\u00e9tie que de dire que cette id\u00e9e d'autor\u00e9gulation des id\u00e9es est tout bonnement une fable avec des cons\u00e9quences importantes.</p>\n<p><a href=\"https://substack.com/@hamish/note/c-45811343\">https://substack.com/@hamish/note/c-45811343</a></p>\n<p>Deux lettres ouvertes plus tard, la direction de Substack r\u00e9pond enfin \u00e0 la controverse. Ils r\u00e9it\u00e8rent sur une critique de la censure. C'est un point assez hypocrite. Leurs conditions d'utilisations comportent des crit\u00e8res assez clairs (). De plus, ils ont d\u00e9j\u00e0 choisi d'exclure certains contenus. \u00catre ouvertement nazi et tenir des propos racistes est ok tant que c'est poli et pas \"haineux\". En ne cherchant pas tr\u00e8s vigoureusement, il est facile de trouver un substack avec la charte graphique du parti nazi (rouge, blanc, noir, Fraktur, croix gamm\u00e9es, drapeaux, etc.).</p>\n<p>Une des conditions est par exemple de ne pas accepter de productions qui sont par ailleurs bannies de leur solution de micropaiement, Stripe. Or, il se trouve que certains auteurs sont bannis de Stripe pour leurs propos racistes, mais se retrouvent accueillis chez Substack avec une solution de contournement et une autre prestataire de transaction que Stripe.</p>\n<p>La question de la microtransaction est le c\u0153ur de la plateforme. L'entreprise fait la promesse d'une rencontre d\u2019une activit\u00e9 d'\u00e9criture, d\u2019un lectorat et d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration plus ou moins cons\u00e9quente. Ainsi au-del\u00e0 de la simple tol\u00e9rance, en contribuant \u00e0 l'exposition d'auteurs fascistes, Substack leur donne une audience d\u00e9cupl\u00e9e par l'effet de r\u00e9seau, les personnes qui viennent sur substack pour d'autres raisons, mais surtout par la mise en avant de ces auteurs en les invitant \u00e0 des moments \u00e9ditoriaux privil\u00e9gi\u00e9s comme au principal podcast d\u00e9di\u00e9 au site, <em>The Active Voice</em>, sans aucune pr\u00e9vention ni contre-mesure.</p>\n<p>Dans une certaine mesure, Substack est dans les pas de Medium. Ces deux entreprises ont longtemps cherch\u00e9 \u00e0 s\u00e9duire des auteurs provenant du monde journalistique et leur fournissant salaire et travail de support (\u00e9diteur, producteur de podcast). Medium cherche encore son mod\u00e8le \u00e9conomique apr\u00e8s de nombreuses tentatives et de changements, \"l'entreprise pivote\" dans le jargon de l'\u00e9conomie num\u00e9rique, en laissant de c\u00f4t\u00e9 des journalistes qu'elle a embauch\u00e9s pour voir avant de changer d'avis. Leur mod\u00e8le est actuellement un abonnement unique et une vague redistribution en fonction de l'audience. Les contenus produits le sont souvent gratuitement et se retrouvent derri\u00e8re une page d'abonnement obligatoire, un <em>paywall</em>. Substack fait le pari d'une r\u00e9mun\u00e9ration individualis\u00e9e en fonction du nombre d'abonnements et une taxe de 10% g\u00e9n\u00e9rant un bel effet de longue traine. C'est le degr\u00e9 z\u00e9ro d\u00fb <a href=\"https://11d.im/highlights/srnicek-platformcapitalism/\">capitalisme de plateforme</a>. C'est aussi une logique individualiste qui met les en comp\u00e9tition les auteurs entre eux, le budget des lecteurs n'\u00e9tant pas infini, il faut bien choisir quels contenus privil\u00e9gi\u00e9s, on va avoir acc\u00e8s. Chacun paie aussi pour sa newsletter et pour chaque auteur. C'est souvent entre 5 et 15 euros par mois, ce qui est assez voisin du tarif des m\u00e9dias traditionnels pour un journal entier. Il n'y a pas de partage \u00e9conomique et au mieux un partage d'audience \u00e0 travers un syst\u00e8me de connivence. C'est aussi une atomisation des pratiques \u00e9ditoriales, tout est attach\u00e9 \u00e0 un nom propre, singulier et rares sont les productions collectives. En l'absence d'une quelconque forme de redistribution \u00e9quitable, c'est un appauvrissement g\u00e9n\u00e9ral, la concentration des revenus \u00e9conomiques dans une tr\u00e8s petite fraction des producteurs de contenus, et une belle rente pour Substack. Le mod\u00e8le \u00e9conomique est d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9prouv\u00e9 sauf qu'ici, on parle d'\u00eatre aliment\u00e9 par de l'argent sale et de financer des personnes ex\u00e9crables.</p>\n<p>Au d\u00e9part, Substack est une plateforme pour faire des <a href=\"https://robinrendle.com/essays/newsletters/\">newsletters</a>, c.-\u00e0-d. des textes qui seront lus dans une boite email. La tendance g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tant \u00e0 transformer ces lieux de correspondance en poubelle \u00e0 publicit\u00e9, \u00e0 notifications et artefacts de d\u00e9marches administratives, trop de newsletters am\u00e8nent \u00e0 une saturation de l'attention qui est d\u00e9j\u00e0 bien malmen\u00e9. En plus, on mesure beaucoup de choses dans une newsletter que sur un site ou une application. C'est pour cela que le site est moins en moins \u00e0 propos de newsletters et de plus en plus \u00e0 propos de discours tr\u00e8s vagues (\"The subscription network for independent writers and creators\"). Le probl\u00e8me est que c'est, \u00e0 nouveau, une entreprise qui \u00e9loigne les publics d'un web ouvert, celui o\u00f9 la page HTML est la finalit\u00e9 et non pas juste une coquille vide transportant tout un tas de technologies non interop\u00e9rables, looking at you Single Page Application. D'ailleurs, m\u00eame s'il s'agissait d'email, il est impossible de rentrer facilement en contact avec les auteurs qu'on aimerait soutenir dans leur d\u00e9marche de changement d'espace de publication. Il y a bien les commentaires mais cela revient \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 attraper quelqu'un par le col de la chemise alors qu'on aimerait juste avoir une discussion cordiale avec quelqu'un \u00e0 qui on donne d\u00e9j\u00e0 de l'argent.</p>\n<p>Le protocole <a href=\"https://webmonetization.org/\">Web Monetization</a> est la r\u00e9ponse ouverte \u00e0 la probl\u00e9matique de la r\u00e9mun\u00e9ration du travail de production culturelle. Avant tout une solution technique, elle ne touche pas du tout \u00e0 la probl\u00e9matique sociale. D'abord c'est une solution avec une forte connotation crypto, il faut attacher un portefeuille \u00e9lectronique, un wallet, pour faire et recevoir des donations. Ensuite, elle suit un mod\u00e8le id\u00e9ologique bas\u00e9 sur l'individu et l'identit\u00e9. Par exemple <a href=\"https://write.as/\">write.as</a> est la version cloud de <a href=\"https://writefreely.org/\">writefreely</a>, un logiciel permettant \u00e0 tout un chacun d'h\u00e9berger une ferme de blog, pour parler comme dans le web des ann\u00e9es 2000, et propulsant ce site. <a href=\"http://Write.as\">Write.as</a> impl\u00e9mente justement web monetization mais sans effet de r\u00e9seau ou de collectif, c'est une dr\u00f4le de d\u00e9coration qui ne nourrira personne et ne soutiendra aucune production.</p>\n<p>En fait rien ne remplacera le travail collectif. Les premiers \u00e0 l'avoir compris sont les m\u00e9dias dont le c\u0153ur est une r\u00e9daction compos\u00e9e de journalistes. La production est mutualis\u00e9e et la r\u00e9mun\u00e9ration est partag\u00e9e sous forme de salaires. C'est une vision id\u00e9alis\u00e9e et sch\u00e9matique. Il y a souvent quelque part des actionnaires, de la publicit\u00e9, mais aussi l'\u00c9tat comme perfusion \u00e9conomique sous forme des aides \u00e0 la presse. Est-ce qu'on peut imaginer d'autres formes d'organisation sociotechnique pour la production et la diffusion d'objets \u00e9crits ? \u00c0 commencer par la fiction, la po\u00e9sie, des \u00e9critures plus personnelles, et non pas individualistes, et pourquoi pas, en fait, du journalisme pour sortir des contraintes \u00e9conomiques et de la pression de l'actualit\u00e9. Faire des collectifs et des communaut\u00e9s autonomes, et arr\u00eater une nouvelle plateformisation d'une pratique qui pourrait quand m\u00eame \u00eatre sympathique. De fa\u00e7on connexe, on peut penser au collectif de cr\u00e9ateurs de jeux vid\u00e9os <a href=\"https://sokpop.itch.io/\">Sokpop</a> qui fait un jeu par mois contre un abonnement de 3 euros. Cela leur permet de s'affranchir des codes de productions du milieu et d'explorer cr\u00e9ativement de nouveaux imaginaires. Substack n'est pas la premi\u00e8re plateforme a exploiter l'espace s\u00e9parant une \u00e9criture et sa lecture, elle ne sera pas la derni\u00e8re non plus. Mais est-ce que cela ne serait pas le moment de commencer \u00e0 chercher de nouveaux mod\u00e8les ? Notre \u00e9poque en a besoin.</p>\n<p>type : #analyse\nsujets : #moderation #substack #plateforme #politique</p>\n<hr/>\n<p>Merci d'avoir lu ce texte ! On peut <a href=\"https://social.apreslanu.it/@tk\">en discuter sur mastodon</a>. Pour \u00eatre inform\u00e9\u00b7e lors de la parution de nouveaux articles, <a href=\"https://write.apreslanu.it/tk/feed/\">abonnez-vous au fil rss</a>.</p>\n</section>",
 "content-plain": "Substack est une plateforme mettant en relation des auteurs et des publics. L'int\u00e9r\u00eat du site est la mise \u00e0 disposition d'un paywall, c.-\u00e0-d. la gestion d'un acc\u00e8s \u00e0 des contenus conditionn\u00e9s par un abonnement mensuel ou annuel. Substack prenant une commission sur chacun des abonnements. C'est un site relativement m\u00e9connu en France, hormis quelques niches adjacentes \u00e0 la culture am\u00e9ricaine o\u00f9 Substack est un peu plus populaire dues \u00e0 la pr\u00e9sence importante de la culture californienne parmi les \u00e9lites. Depuis quelques jours, le site se retrouve tr\u00e8s justement critiqu\u00e9 pour son soutien \u00e0 des auteurs d'extr\u00eame droite et pour certains ouvertement et litt\u00e9ralement nazis.\n\nhttps://www.theatlantic.com/ideas/archive/2023/11/substack-extremism-nazi-white-supremacy-newsletters/676156/\n\nQuelques semaines auparavant, un article de The Atlantic revenait sur la pr\u00e9sence de nazis sur la plateforme Substack. La d\u00e9fense des fondateurs de l'entreprise repose sur une vision n\u00e9o-lib\u00e9rale de la libert\u00e9 d'expression. Un laissez-faire maximaliste o\u00f9 tout se vaut et le march\u00e9 des id\u00e9es fera le tri. On est en 2023 et ce n'est pas plus une proph\u00e9tie que de dire que cette id\u00e9e d'autor\u00e9gulation des id\u00e9es est tout bonnement une fable avec des cons\u00e9quences importantes.\n\nhttps://substack.com/@hamish/note/c-45811343\n\nDeux lettres ouvertes plus tard, la direction de Substack r\u00e9pond enfin \u00e0 la controverse. Ils r\u00e9it\u00e8rent sur une critique de la censure. C'est un point assez hypocrite. Leurs conditions d'utilisations comportent des crit\u00e8res assez clairs (). De plus, ils ont d\u00e9j\u00e0 choisi d'exclure certains contenus. \u00catre ouvertement nazi et tenir des propos racistes est ok tant que c'est poli et pas \"haineux\". En ne cherchant pas tr\u00e8s vigoureusement, il est facile de trouver un substack avec la charte graphique du parti nazi (rouge, blanc, noir, Fraktur, croix gamm\u00e9es, drapeaux, etc.).\n\nUne des conditions est par exemple de ne pas accepter de productions qui sont par ailleurs bannies de leur solution de micropaiement, Stripe. Or, il se trouve que certains auteurs sont bannis de Stripe pour leurs propos racistes, mais se retrouvent accueillis chez Substack avec une solution de contournement et une autre prestataire de transaction que Stripe.\n\nLa question de la microtransaction est le c\u0153ur de la plateforme. L'entreprise fait la promesse d'une rencontre d\u2019une activit\u00e9 d'\u00e9criture, d\u2019un lectorat et d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration plus ou moins cons\u00e9quente. Ainsi au-del\u00e0 de la simple tol\u00e9rance, en contribuant \u00e0 l'exposition d'auteurs fascistes, Substack leur donne une audience d\u00e9cupl\u00e9e par l'effet de r\u00e9seau, les personnes qui viennent sur substack pour d'autres raisons, mais surtout par la mise en avant de ces auteurs en les invitant \u00e0 des moments \u00e9ditoriaux privil\u00e9gi\u00e9s comme au principal podcast d\u00e9di\u00e9 au site, The Active Voice, sans aucune pr\u00e9vention ni contre-mesure.\n\nDans une certaine mesure, Substack est dans les pas de Medium. Ces deux entreprises ont longtemps cherch\u00e9 \u00e0 s\u00e9duire des auteurs provenant du monde journalistique et leur fournissant salaire et travail de support (\u00e9diteur, producteur de podcast). Medium cherche encore son mod\u00e8le \u00e9conomique apr\u00e8s de nombreuses tentatives et de changements, \"l'entreprise pivote\" dans le jargon de l'\u00e9conomie num\u00e9rique, en laissant de c\u00f4t\u00e9 des journalistes qu'elle a embauch\u00e9s pour voir avant de changer d'avis. Leur mod\u00e8le est actuellement un abonnement unique et une vague redistribution en fonction de l'audience. Les contenus produits le sont souvent gratuitement et se retrouvent derri\u00e8re une page d'abonnement obligatoire, un paywall. Substack fait le pari d'une r\u00e9mun\u00e9ration individualis\u00e9e en fonction du nombre d'abonnements et une taxe de 10% g\u00e9n\u00e9rant un bel effet de longue traine. C'est le degr\u00e9 z\u00e9ro d\u00fb capitalisme de plateforme. C'est aussi une logique individualiste qui met les en comp\u00e9tition les auteurs entre eux, le budget des lecteurs n'\u00e9tant pas infini, il faut bien choisir quels contenus privil\u00e9gi\u00e9s, on va avoir acc\u00e8s. Chacun paie aussi pour sa newsletter et pour chaque auteur. C'est souvent entre 5 et 15 euros par mois, ce qui est assez voisin du tarif des m\u00e9dias traditionnels pour un journal entier. Il n'y a pas de partage \u00e9conomique et au mieux un partage d'audience \u00e0 travers un syst\u00e8me de connivence. C'est aussi une atomisation des pratiques \u00e9ditoriales, tout est attach\u00e9 \u00e0 un nom propre, singulier et rares sont les productions collectives. En l'absence d'une quelconque forme de redistribution \u00e9quitable, c'est un appauvrissement g\u00e9n\u00e9ral, la concentration des revenus \u00e9conomiques dans une tr\u00e8s petite fraction des producteurs de contenus, et une belle rente pour Substack. 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Le probl\u00e8me est que c'est, \u00e0 nouveau, une entreprise qui \u00e9loigne les publics d'un web ouvert, celui o\u00f9 la page HTML est la finalit\u00e9 et non pas juste une coquille vide transportant tout un tas de technologies non interop\u00e9rables, looking at you Single Page Application. D'ailleurs, m\u00eame s'il s'agissait d'email, il est impossible de rentrer facilement en contact avec les auteurs qu'on aimerait soutenir dans leur d\u00e9marche de changement d'espace de publication. Il y a bien les commentaires mais cela revient \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 attraper quelqu'un par le col de la chemise alors qu'on aimerait juste avoir une discussion cordiale avec quelqu'un \u00e0 qui on donne d\u00e9j\u00e0 de l'argent.\n\nLe protocole Web Monetization est la r\u00e9ponse ouverte \u00e0 la probl\u00e9matique de la r\u00e9mun\u00e9ration du travail de production culturelle. Avant tout une solution technique, elle ne touche pas du tout \u00e0 la probl\u00e9matique sociale. D'abord c'est une solution avec une forte connotation crypto, il faut attacher un portefeuille \u00e9lectronique, un wallet, pour faire et recevoir des donations. Ensuite, elle suit un mod\u00e8le id\u00e9ologique bas\u00e9 sur l'individu et l'identit\u00e9. Par exemple write.as est la version cloud de writefreely, un logiciel permettant \u00e0 tout un chacun d'h\u00e9berger une ferme de blog, pour parler comme dans le web des ann\u00e9es 2000, et propulsant ce site. Write.as impl\u00e9mente justement web monetization mais sans effet de r\u00e9seau ou de collectif, c'est une dr\u00f4le de d\u00e9coration qui ne nourrira personne et ne soutiendra aucune production.\n\nEn fait rien ne remplacera le travail collectif. Les premiers \u00e0 l'avoir compris sont les m\u00e9dias dont le c\u0153ur est une r\u00e9daction compos\u00e9e de journalistes. La production est mutualis\u00e9e et la r\u00e9mun\u00e9ration est partag\u00e9e sous forme de salaires. C'est une vision id\u00e9alis\u00e9e et sch\u00e9matique. Il y a souvent quelque part des actionnaires, de la publicit\u00e9, mais aussi l'\u00c9tat comme perfusion \u00e9conomique sous forme des aides \u00e0 la presse. Est-ce qu'on peut imaginer d'autres formes d'organisation sociotechnique pour la production et la diffusion d'objets \u00e9crits ? \u00c0 commencer par la fiction, la po\u00e9sie, des \u00e9critures plus personnelles, et non pas individualistes, et pourquoi pas, en fait, du journalisme pour sortir des contraintes \u00e9conomiques et de la pression de l'actualit\u00e9. Faire des collectifs et des communaut\u00e9s autonomes, et arr\u00eater une nouvelle plateformisation d'une pratique qui pourrait quand m\u00eame \u00eatre sympathique. De fa\u00e7on connexe, on peut penser au collectif de cr\u00e9ateurs de jeux vid\u00e9os Sokpop qui fait un jeu par mois contre un abonnement de 3 euros. Cela leur permet de s'affranchir des codes de productions du milieu et d'explorer cr\u00e9ativement de nouveaux imaginaires. Substack n'est pas la premi\u00e8re plateforme a exploiter l'espace s\u00e9parant une \u00e9criture et sa lecture, elle ne sera pas la derni\u00e8re non plus. Mais est-ce que cela ne serait pas le moment de commencer \u00e0 chercher de nouveaux mod\u00e8les ? Notre \u00e9poque en a besoin.\n\ntype : #analyse sujets : #moderation #substack #plateforme #politique\n\nMerci d'avoir lu ce texte ! On peut en discuter sur mastodon. Pour \u00eatre inform\u00e9\u00b7e lors de la parution de nouveaux articles, abonnez-vous au fil rss.",
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